Cécile Berly

Écrivaine, enseignante et historienne spécialiste du XVIIIe siècle.
Elle travaille sur l’histoire de la Révolution française et réfléchit à la place qu'occupe l'écrit ou la création artistique dans la vie quotidienne et intellectuelle des femmes, du XVIIIe siècle à nos jours.
Elle diversifie ses activités d'écriture en créant des projets historiques, citoyens et participatifs et a notamment animé au château de Fontainebleau l'atelier d'écriture dédié à Marie Antoinette.
En conférence à 17h à l'aigle noir
En dédicace dans la journée au théâtre municipal
Photo : Hannah Assouline / Passés composés
Olympe de Gouges, l'autre Voltaire ?
Longtemps effacée de l'histoire et des mémoires, depuis son exécution le 3 novembre 1793, Olympe de Gouges suscite, depuis près de quarante ans, quelques biographies mais, surtout, une myriade de romans, de livres destinés à la jeunesse, de pièces de théâtre ou de romans graphiques. Elle y est présentée comme une héroïne, une pionnière incontournable du féminisme et de l'histoire des femmes. Cependant, elle n'a pas, paradoxalement, trouvé sa place véritable dans l'histoire du XVIIe siècle, et même dans celle des femmes. D'elle, que dit-on le plus couramment ? Elle est féministe - avant même que le mot existe - révolutionnaire et guillotinée. On ajoute, timidement, qu'elle est femme de lettres, alors que cette qualité est l'essence même de son être. Jamais on ne précise, par absence de lecture de ses quelques cent-cinquante textes, qu'elle est philosophe, appartenant à ce courant progressiste qui défend la tolérance, la liberté et l'égalité, que l'on appelle les Lumières, et que l'on finit par confondre, en partie à tort, avec le XVIIe siècle. Elle est en queue de comète de l'histoire des philosophes des Lumières. La philosophie, encore plus que les lettres, est une terre exclusivement masculine. En raison de sa nature biologique, la femme serait incapable de philosopher. A l'égard d'Olympe de Gouges, il est temps de changer de paradigme.
Passés composés
